LES PLANTES CARNIVORES

Pris séparément les deux mots " PLANTE" et "CARNIVORE" sont tout ce qu'il y a de plus banals. Pour beaucoup de nos contemporains, une "plante" ne peut être en appartement qu'un objet décoratif, présentant l'inconvénient de se détériorer assez vite. Il est parfois possible de la conserver quelque temps en lui fournissant périodiquement sa ration d'eau, mais il est parfois plus simple d'en racheter une nouvelle dès que la précédente n'est plus présentable. Une plante est quelque chose de statique, passif, qui ne peut que subir son environnement, sans toutefois agir dessus.


Le terme "carnivore", lui, s'applique plutôt à de sauvages animaux souvent méchants qui, Dieu merci, ont disparu de notre environnement proche. Les chiens et les chats peut-être... Mais des siècles aux côtés de l'homme les ont tellement dénaturés !


Lorsque ces deux mots se retrouvent accolés là on ne reste pas indifférent. Comment des plantes peuvent-elles faire preuve d'un comportement strictement animal ? N'ont-elles pas été créées pour servir de nourriture aux annimaux.

Une fois admise l'existence de telles diableries, l'imagination va bon train. De tels végétaux ne peuvent être qu'animés d'intentions malignes. Les fantasmes collectifs, alliés à de nombreux et délirants récits "vécus" d'explorateurs du XIXème siècle, ont contribué aux légendes tenaces dont celle du terrible "Arbre mangeur d'hommes de Madagascar".
La littérature et le cinéma sont aussi à l'origine de l'aura de mystère qui entoure ces plantes.

Qu'est-ce qu'une Plante Carnivore ?
Les Plantes Carnivores mériteraient plutôt le qualificatif d'insectivores. Leurs proies peuvent cependant être des petits crustacés, des arachnides, des mollusques. Bien qu'il ait été retrouvé dans les plus grands pièges de Nepenthes rajah (Bornéo) des grenouilles et même des petits mammifères, il reste que ces captures ne sont qu'exceptionnelles et ne constituent chez aucune plante l'essentiel du menu.

Le caractère de carnivorité n'a rien de complètement révolutionnaire. Il faut d'abord renoncer à l'image de la fleur féroce qui happe l'infortuné papillon d'un rageur coup de dents. Une plante carnivore reste un végétal dépourvu de musculature. N'entendons pas par là incapable de mouvement, certaines fleurs se ferment chaque soir pour se rouvrir le lendemain, l'hélianthe (tournesol) suit le soleil dans son déplacement tout au long de la journée, la sensitive (Mimosa pudica) referme très rapidement ses feuilles au moindre choc. Le mouvement n'est toutefois pas indispensable à toutes les Plantes Carnivores, certains pièges passifs n'ont rien à envier quant à leur efficacité.

La très grande majorité des plantes carnivores pousse en des milieux très pauvres en matières nutritives: le sol délavé des marécages, les rochers perpétuellement humides sur les berges des torrents de montagne, la vase de certains bords d'étang. Même les Nepenthes des forêts tropicales poussent parfois en épiphytes sur de grands arbres ou dans les amas de débris végétaux qui s'ammoncellent sur le sol. La lutte pour la survie dans de tels milieux favorise les végétaux qui ont développé des mécanismes nutritifs originaux. Tous ces milieux humides regorgent d'insectes en tous genres, il est donc tout naturel que certaines plantes parviennent à en profiter.


Origine et évolution
Les recherches palynologiques (relatives au pollen fossile) n'ont pas à ce jour permis de retrouver de façon certaine l'origine des plantes carnivores. Il est certain toutefois que le phénomène n'a pas une origine unique car il a émergé dans des familles de plantes très éloignées. Les plus anciens grains de pollen fossiles retrouvés datent de l'ére tertiaire.

Certaines théories ont pu fixer à la fin de l'ère secondaire (crétacé) l'apparition de la famille des Droséracées. Il s'agirait d'une plante possédant des poils collants sur lesquels accidentellement se collaient des insectes. Quel intérêt y trouva la plante ? Il est probable qu'au départ la dégradation bactérienne des insectes déposait aux pieds de la plante les produits de leur décomposition qui pouvaient alors être absorbés par les racines. Aujourd'hui les deux espèces de Roridula d'Afrique du Sud sont à ce stade de l'évolution vers la carnivorité.


On ne doute plus aujourd'hui de la faculté de beaucoup de végétaux d'absorber des produits divers par leur feuillage. L'utilisation actuelle d'engrais foliaires, d'insecticides ou d'herbicides systémique en est la confirmation. Pourquoi ne pas supposer qu'une plante capturant les insectes puisse absorber les produits de leur décomposition directement par la surface des feuilles ? Le stade ultime du perfectionnement a été de secréter des enzymes digestives (Drosera, Drosophylum, Pinguicula...).



L'évolution des Sarraceniacées est tout aussi fascinante. On peut même chez les espèces actuelles retrouver les différents stade de l'évolution. Le piège à urne serait l'aboutissement de la fermeture en cornet d'une feuille de type nénuphar.

Chez Heliamphora, les bords de la feuille sont bien visiblement soudés, le cornet se remplit d'eau et tout est mis en oeuvre pour que les insectes glissent dans le fond: cuillère à nectar pour attirer, rebord étroit, glissant, poils dirigés vers le bas pour empêcher la victime de remonter. La digestion est uniquement bactérienne la plante ne produit pas d'enzyme.
Avec Sarracenia purpurea apparaissent les enzymes digestives et le futur couvercle encore en forme de collerette, alors que la soudure devient invisible, remplacée par une aile tout le long du cornet.
Sarracenia flava a un couvercle bien formé puisque la plante secrète ses sucs digestifs, il est préférable que la pluie ne les dilue pas trop. Cette espèce est même capable d'ajuster le niveau du liquide en fonction du nombre d'insectes entassés au fond du piège.
Sarracenia leucophylla a le haut du piège et le couvercle constellés de fenêtres transparentes. L'insecte, rassuré par l'issue qu'il croit apercevoir, s'aventure plus facilement à l'intérieur du piège.
Le couvercle de Sarracenia minor commence à se refermer alors qu'il est parfaitement clos pour Sarracenia psittacina.
Darlingtonia californica, enfin, dispose d'une "moustache" pleine de nectar pour conduire les insectes jusqu'à l'entrée du dôme.

source: http://paysagiste.1fr1.net/les-plantes-f11/les-plantes-carnivores-t550.htm

 

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